Et si c’était vrai!

Il s’appelle Loïc et je suis la conscience de cet homme qui cherche trop souvent à se libérer de mes raisonnements…

Je suis convaincue que je suis une bonne alliée pour lui, mais Loïc est quelqu’un qui se laisse facilement emporté par la magie du moment alors que mon rôle de conscience est beaucoup plus rationnel que celui du cœur… Je suis celle qui pondère ses élans en déposant subtilement un peu de sable dans l’engrenage de ses pulsions… Car oui, cet homme est un grand passionné et sans moi, j’ai l’impression qu’il se serait souvent perdu…

Il est présentement étendu dans une petite pièce très sobre, mais à ses yeux, celle-ci n’a d’autre importance que de révéler le point lumineux qui dort à ses côtés… Même s’ils sont plusieurs dans cette chambre, je ne peux ressentir que les émotions vives de celui que j’habite…

Loïc est là, fermant les yeux pour essayer de faire dériver ses pensées, mais je sais qu’en ce moment, il est incapable de ne pas sourire… Il fait pourtant froid dans la pièce au point où je suis moi-même congelé, mais même si j’essaie de le tirer de ses rêveries pour lui faire fermer la fenêtre,  rien à faire… Il faudra que j’attende comme les autres que le réveil soit commun et que tous réalisent la courte nuit qu’ils viennent de passer à rire et à boire ensemble avant que chacun ne parte de son côté…

Nous ne sommes plus que trois maintenant dans la voiture, lui, moi, et elle, celle qu’il appelle gentiment Eva-Nescencia, pseudonyme qu’il lui a donné un jour à cause d’un personnage de roman qui l’avait séduite… Même si j’essaie de communiquer avec la conscience de cette femme, le cerveau de Loïc me submerge d’endorphines qui rendent la communication impossible… Jusqu’à maintenant, il ne me laisse aucune chance de déceler les faiblesses de celle qui provoque tant d’exaltation en lui…

Après voir roulé quelques kilomètres, Loïc et Eva s’arrêtent un instant à l’Université… La jeune femme semble bouleversée par ces retrouvailles avec son passé et je sens que Loïc est ému de voir autant de fragilité en elle… Chose certaine, ils sont très beaux alors qu’ils se mettent à déambuler à travers ces lieux où elle a vécu tant de choses et où ils se sont rencontrés pour la toute première fois…

Le temps est gris…

Le temps est court…

Le temps passe…

Affamés, ils décident de reprendre la route afin d’aller déjeuner… C’est le moment de reprendre mon rôle de conscience au sérieux et d’inviter Loïc à se contrôler devant le menu qui regorge d’offres inspirantes… Malheureusement comme toujours, il n’en fait qu’à sa tête et décide de commander un véritable festin pour quatre alors qu’ils ne sont que deux…

La table est maintenant couverte de plats et Eva se met à rire comme une enfant en voyant le serveur qui ne sait plus où déposer les assiettes… Même les voisines de table se mettent à sympathiser avec eux tant leur rayonnement et leur bonne humeur sont contagieuses…

Ils vont même jusqu’à utiliser tous les deux leur paille comme une cuillère afin de déguster leur jus de framboise plutôt que de le boire d’une manière conventionnelle… Je sens que je devrai travailler très fort afin de le ramener à son statut d’adulte…

N’est-ce pas mon rôle?

C’est bizarre, mais en les regardant rire timidement d’eux-mêmes, j’ai l’impression qu’il y a des forces célestes qui s’amusent déjà à mes dépens afin de rendre cette journée inoubliable pour eux…

Nous avons finalement quitté les lieux pour reprendre la route et je dois dire que je me sens heureux de voir la pluie qui commence à tomber, même si la journée risque d’être un peu plus lourde puisqu’ils ont très peu dormi et qu’ils ont une longue route devant eux… Ça me permettra peut-être de gagner un peu de temps pour faire entendre raison à Loïc qui ne cesse de sourire depuis notre lever…

Je profite alors d’un instant d’inattention pour lui faire manquer la sortie qu’il devait prendre afin d’aller visiter un couple d’amis qu’Eva avait rencontré quelques années plus tôt… J’étais convaincu qu’ils allaient s’égarer et perdre un peu de leur enthousiasme, mais à mon grand désarroi, ils ont profité de la situation pour s’égailler de plus bel devant la beauté de ces paysages inconnus… Ils étaient maintenant tous les deux en voyage dans leur tête, et je sentais que chaque silence les rapprochait l’un de l’autre…

J’essayais pourtant de sonner l’alarme du temps qui passe, mais encore une fois, Loïc se laissait transporter par le film muet de leur douce complicité… Il a même réussi à retrouver son chemin et le couple de personnes âgées qu’ils ont visité s’est avéré très chaleureux, donnant un nouveau souffle de légèreté à cette journée pluvieuse qui, a priori, n’aurait jamais dû être inspirante…

Je venais de perdre la première manche, mais il me restait encore bien du temps afin de délier les liens mystérieux qui semblaient unir ces deux êtres…

Pendant que nous roulons à nouveau sur l’autoroute, je me mets à espérer qu’Eva s’endorme un peu pour que je puisse m’immiscer dans les pensées de Loïc… J’ai l’habitude de profiter de ses moments d’introspection pour subtilement influencer ses décisions et leur donner un cadre… Cependant, malgré sa fatigue, la jeune femme ne perd rien de son enthousiasme… Je dois subir leurs échanges exaltés plutôt que d’être en mesure de lui faire réaliser le danger de la situation dans laquelle nous nous trouvons… 

Pour accroitre mon irritation, le soleil apparait soudainement dans toute sa splendeur… Il n’en faut pas plus pour que Loïc décide d’ouvrir le toit de sa voiture malgré le temps frais du printemps… Nous roulons maintenant en décapotable et je sens qu’il n’y a plus rien pour endiguer ce vent de liberté qui les transporte… J’implore alors le ciel de m’aider à bousiller ce doux moment d’ivresse et je réussis tant bien que mal à convaincre quelques nuages de pleurer un peu sur ces deux fous qui se croient tout permis…

Malheureusement, un souffle divin fait en sorte que cette averse ne pénètre pas à l’intérieur de la voiture en marche et les voilà encore plus joyeux de savourer cette pluie qui, comme si elle glissait sur le dos d’un canard, ne vient qu’accentuer la couleur de leurs emportements…

Décidément, les Dieux renoncent à m’aider, car malgré tous les amas de nuages gris, le soleil semble toujours en mesure de bondir dans un trou bleu du ciel… On dirait même qu’il est dirigé de main de maitre par un champion du jeu de dames qui savoure ma décrépitude devant cette symbiose d’éléments…

Pendant ce temps, les deux passagers ne cessent de se raconter des anecdotes qui les font rire et qui font en sorte que les heures s’écoulent comme si elles étaient des secondes…

Soudainement, guidé par un instinct quelconque qui ne vient pas de moi, Loïc s’arrête sur l’accotement de l’autoroute pour fermer le capot de la voiture, comme s’il avait déjoué le plan machiavélique que je m’apprêtais à mettre en œuvre… Je venais tout juste de convaincre un violent orage d’éclater au-dessus de nos têtes… Il me faudra trouver autre chose, car rien ne tourne de mon côté en ce moment…

Ils arrivent finalement à destination sans problème et la pluie s’arrête instantanément… Je sens que Loïc est un peu nerveux de présenter son havre de paix à cette femme… Il aimerait tant qu’elle soit séduite comme il l’est lui-même à chaque fois qu’il vient y passer quelques jours…

Eva est aussitôt charmée…

Je n’ai toutefois pas dit mon dernier mot, et pendant qu’il lui fait faire la visite de son chalet et qu’il lui présente sa magnifique bibliothèque, je déclenche un autre orage qui cette fois-ci, est accompagné de grêle et de neige fondante… La température chute aussitôt, répondant à mon espoir de provoquer la déception du couple d’idiots qui se préparait déjà à aller visiter un pittoresque village de ski des environs…

Tous les deux sont surpris de ce brusque revirement de la nature, mais à mon grand désarroi, celle-ci se retourne encore une fois contre moi puisque le soleil apparait de nouveau pour dessiner dans le ciel un magnifique arc-en-ciel, scintillant à travers la pluie…

Loïc prend alors la main d’Eva et l’entraine jusqu’au bord du lac… Le spectacle est grandiose et comble d’ironie, la pluie s’arrête complètement pour ne reprendre qu’à l’instant où ils entrent dans la voiture…

Je ne sais plus quoi penser… Le scénario de ce film de série B est en train de se transformer en véritable chef-d’œuvre et je sens que je ne suis toujours pas au bout de mes surprises…

Je dois absolument trouver le moyen de les décourager de faire une autre escapade, car le ciel nous tombe sur la tête et les trombes d’eau, mêlées à de la neige font en sorte que la conduite devient hasardeuse… Loïc n’y voit toutefois que du feu… J’ai beau essayé encore une fois de communiquer avec son cerveau pour le raisonner un peu, mais la ligne est définitivement coupée entre nous… Je reçois seulement les vagues de cette insipide complicité qu’il vit avec Eva…

La voiture continue d’avaler lentement les kilomètres et j’ai peur… J’implore alors le ciel de nous sauver et à ma grande surprise, la pluie s’arrête à nouveau…

Je suis maintenant en mesure de me calmer un peu et de mieux analyser la situation… Baissant la garde un instant, à travers mon inquiétude, je sens couler en moi cette douce sensation de félicité qui berce mon corps depuis près de vingt-quatre heures… J’aimerais tant me laisser aller et simplement savourer ce moment de béatitude comme le fait Loïc, mais je sais que nous courrons un grave danger…

L’amour n’est-il pas le plus insidieux des sentiments?

Nous arrivons finalement à la station de villégiature et curieusement, le stationnement est vide… C’est à n’y rien comprendre et voilà que tout bascule à nouveau et que le soleil décide de faire flamboyer tous les édifices colorés qui donnent un charme fou à ce paradis situé en flanc de montagne…

C’est magnifique!

Et surtout beaucoup trop beau pour que je puisse faire quoi que se soit…

Les rues piétonnières du village, normalement inondées de touristes, sont vides… Elles se remplissent aussitôt du sourire de ces deux êtres qui y marchent en solitaires, valsant au gré d’une musique classique qui leur est offerte en concert privé…

Ils se sentent seuls au monde devant la montagne et sans réfléchir, ils décident de l’escalader afin d’atteindre la neige qui subit lentement sa douce mort sous les chauds rayons du printemps… Ils respirent l’air pur qui amplifie leur bonheur et qui m’empêche encore plus de pondérer ce corps qui tangue toujours un peu plus vers elle…

C’est maintenant le chant des chutes qui vient remplacer la musique classique du village… Loïc est en admiration devant cette force de la nature qui improvise ses propres chemins à travers les rochers… J’ai l’impression pour ma part d’assister au même déferlement intérieur que Loïc subit depuis l’arrivée d’Eva et que je cherche tant bien que mal à contrôler…

Ils continuent leur escalade, puis décident de prendre une pause afin de contempler le spectacle qui s’offre à eux…

S’assoyant à même le sol, ils ferment les yeux un instant pour mieux savourer ce moment paisible… Par magie, cet endroit aurait dû être complètement détrempé par la fonte des neiges et par toute la pluie des dernières heures, mais pourtant, le sol est aussi sec qu’en plein été…

Loïc admire les montagnes lointaines qui bordent le village et je parviens difficilement à contrôler les élans qu’il éprouve pour se rapprocher d’Eva… Le spectacle est saisissant et les deux complices s’égarent silencieusement dans leurs pensées…

Je sais cependant très bien lire les signes d’enivrement de ce corps que j’habite et je sens que malgré toute la pondération que je veux exercer sur les gestes de Loïc, je ne parviens pas du tout à diminuer les feux qui le consume… Je l’entends penser, je subis ses regards qui se perdent au-delà du panorama qui le séduit, et malgré tous mes efforts, je ne peux réussir à lui faire oublier le plaisir qu’il éprouve à côtoyer cette jeune femme de si près… Il réussit même à presque m’émouvoir tant il se sent naturellement bien avec elle…

Je déteste alors mon rôle de conscience et j’envie l’âme qui elle, carbure et s’élève lors de tels moments…

Combien de secondes, de minutes ont pu passé avant que le ciel ne se couvre à nouveau et que le vent vienne s’immiscer entre eux?

Juste assez pour que je me sente enfin soulagée…

L’orage approche et les voilà repartis vers le bas de la montagne comme deux gamins qui n’auraient pas appris à vieillir… Je ne comprends rien à leurs emportements… Ils rient comme des fous et s’accaparent du village laissé à lui-même comme si Jules César et Cléopâtre s’amusaient à s’échanger des terres conquises…

- Je prends ceci…

- Alors moi cela…

- Je prends le lac…

- Ok, mais je prends le vent…

Que puis-je faire devant le spectacle étourdissant de leur démesure?

Il ne me reste plus qu’à espérer que les Dieux finissent enfin par redevenir sérieux… Je commence même à croire que l’esprit qui occupe mon corps, puisse vraiment avoir des contacts célestes et que c’est lui qui orchestre toute cette symphonie…

Parvenus à quelques pas de la voiture, tout juste devant cette splendide chapelle qu’ils avaient remarquée à leur arrivée, la pluie recommence à tomber goutte à goutte, leur laissant juste le temps de monter à bord… Aussitôt, un nouveau déluge s’abat sur nous… Les montagnes se laissent lentement engloutir par le ciel, mais je sais que tout ce décor s’est déjà gravé en eux…

Alors que nous nous apprêtons à reprendre la route principale, nous croisons un pont au pied duquel se jette une immense chute… Loïc décide de s’y arrêter pour prendre quelques photos et par miracle encore une fois, la pluie les imite aussitôt… Ils n’ont même pas le temps de marcher jusqu’au belvédère qui surplombe le torrent d’eau, que le soleil transperce ce ciel de béton pour venir y peindre un nouvel arc-en-ciel… Eva et Loïc se regardent éberlués devant cette synchronisation parfaite des évènements de la journée et je ressens à nouveau une vague qui parcourt mon corps devant le sourire angélique de cette femme…

Je pondère… C’est tout ce qui m’est permis de faire semble-t-il, mais l’effort est plus que considérable…

Quelques instants plus tard, alors qu’ils roulent à nouveau vers le chalet, un nouvel orage éclate, mais cette fois-ci, avec une telle puissance que je réussis à convaincre Loïc de s’arrêter le long de la route…

Curieusement, malgré la violence de cette tempête, je sens une certaine sérénité dans des propos d’Eva qui raconte à Loïc à quel point elle a peur des orages depuis qu’un de ses chats s’est blessé pendant l’un de ceux-ci… Mais aujourd’hui, elle semble savoir que rien de fâcheux ne peut leur arriver…

À notre retour au chalet après tant d’émotions, la nuit ne peut qu’arriver, mais à l’intérieur, le feu crépite et une douce langueur se met à me bercer comme elle berce ces deux êtres qui savourent un repas improvisé à la lueur des chandelles…

Je pondère…

Eva est si jolie…

Je pondère…

Ses idées ont de la profondeur et ses paroles ont cette faculté d’illuminer la part d’ombre de ses raisonnements d’une manière si fragile…

Je pondère…

Il y a une telle humanité dans le regard qu’elle porte sur le monde… 

Je pondère…

Car  la conscience prend et ne demande jamais…

Et me voilà en train de me battre encore une fois contre moi-même…

La pluie se met à tambouriner sur le toit et je me sens de plus en plus ridicule dans mon rôle de chaperon… Loïc voudrait faire tourner le monde dans le simple but de mieux la retrouver et moi, je fais tout en mon pouvoir pour le détourner de cette puissante sensation qui lui donne des ailes… Je le ralentis, mais parfois, je me demande si je ne suis pas plutôt en train de lui apprendre à courir de plus en plus lentement… Courir comme on pourrait courir sur la lune pour mieux profiter du moment présent, en bondissant toujours un peu plus loin, comme projeté par une trampoline sur la piste qui nourrit leur complicité… Dans chacun de ses regards, je sens que l’image d’Eva a le temps de se graver en de multiples copies… Le film de sa mémoire se déroule maintenant à soixante-douze images secondes et à cette vitesse, je ne suis plus en mesure de le contrôler… J’arrive tout juste à freiner ses excès…

Lorsqu’ils se décident finalement à sortir de table pour aller marcher un peu, je ne me fais plus d’illusions, je suis certain que la pluie va s’arrêter encore une fois… C’est fait, la pluie a cessé et du balcon, Loïc lève les yeux vers le ciel… Je l’entends alors lui dire : « Viens, on va aller voir les étoiles… »

À ce moment pourtant, le ciel est nuageux… On n’y voit que de minuscules trouées… Mais, deux minutes plus tard, alors qu’ils atteignent la route, la nuit n’a plus pour limite que l’infini étoilé…

Où sont passés tous ces nuages qui, quelques instants auparavant, voilaient toujours le ciel?

Suis-je vraiment éveillé ou tout ça n’est qu’une mauvaise plaisanterie?

Une telle synchronicité des astres me semble impossible et heureusement pour moi, cette journée tire à sa fin…

J’admets toutefois que le ciel est majestueux… Loïc et Eva marchent ensemble et je me sens submergé à nouveau par cette étourdissante sensation de rapprochement marquée par leur pas qui ne les mène nulle part, sauf bien loin et surtout si près l’un de l’autre… Leur promenade se termine au pied du lac et par la magie d’une main tendue vers le ciel, Loïc la fait grimper sur un quai de bois… De là, ils ont une vue extraordinaire sur la voute étoilée…

Ils s’amusent à reconnaitre quelques constellations et les yeux pleins de lumière, Eva lui indique un point légèrement plus brillant que les autres qui est en fait sa planète préférée, Saturne…

Tout ce que je suis en mesure de faire, c’est d’empêcher Loïc de s’approcher trop près d’elle… La situation est trouble et j’ai peur que ce flot d’émotion ne se transforme en communion… Heureusement, le ciel me vient en aide alors qu’il s’ennuage à nouveau… Mais encore une fois, la pluie attendra leur retour au chalet avant de venir effacer les traces de leur passage… Je sais cependant qu’il y a des traces que l’on n’efface jamais…

Aidées par la quiétude des lieux, la musique et le feu de foyer ne peuvent que favoriser leur rapprochement… Ils sont maintenant étendus sur un divan et se posent des questions comme deux enfants qui savent pourtant qu’il existe des jeux moins innocents que d’autres… Leurs crises de fou rire témoignent de l’accumulation de fatigue qu’une telle journée n’a pu que provoquer… Ils divaguent de plus en plus sur l’océan de cette trop brève rencontre…

Pour ma part, je n’ai plus de munitions…

J’entends leurs voix et les confidences libérées par les effets de l’absinthe… Loïc lui parle lentement de ses sentiments… Je sens qu’il a autant peur que moi de toute cette intensité que seul un baiser serait en mesure d’exprimer… J’ai besoin d’aide…

Il y a maintenant de longs silences qui passent entre eux, puis la main de Loïc se dépose délicatement dans la chevelure d’Eva…

Le temps s’arrête…

Il ne me reste plus qu’à espérer que Loïc se réveille seul dans un lit trop grand pour lui et que malgré sa tristesse, je puisse ainsi le guider à nouveau vers la raison…

Je sais toutefois depuis longtemps déjà que j’ai perdu la partie, car aujourd’hui encore, il ne s’endort que pour mieux la retrouver…