Jonathan Lumière


Jonathan LumierePrologue

Il y a des histoires qui naissent dans le murmure du vent. Ce sont souvent celles qui sont à l’origine des plus belles légendes, car c’est l’homme qui en interprète alors la musique au gré du temps.

Nous sommes sur une île, et un homme est installé avec son chevalet devant un champ dénudé pour peindre un tableau. La toile est toujours blanche, mais elle se peuple aussitôt de tous ses souvenirs.

À l’intérieur, une femme s’affaire à préparer un gâteau d’anniversaire en jetant souvent des coups d’œil par la fenêtre de sa cuisine afin d’observer l’océan au loin. Elle reste aux aguets.

Il y aussi celui qui fait la sieste, confortablement installé dans son hamac au sommet du clocher de l’église. Du chemin, on ne voit que le rebondissement exagéré de son ventre sous une soutane noire qu’il porte continuellement.

Et tout près de là, une vielle dame tricote un bonnet de laine dans sa chaise berçante installée sur sa véranda. On la voit regarder vers le phare d’où proviennent les aboiements, même si ses yeux ne sont plus en mesure de voir aussi loin.

C’est pourtant à cet endroit que tout se termine…

Mais aussi, que tout commence…